UN APRÈS-MIDI INTIME À DALAT

Dat Lætitiam Aliis Aliis Temperiem

« Elle donne aux uns la joie, aux autres le bon temps. »

 

Un après-midi à Da Lat, en toute intimité. Uyen, une amie qui m’est chère, m'a proposé de venir assister à un repas familial rendant hommage à son arrière-grand-père et son arrière-grand-mère auquel je me suis joints volontiers. Dans les pays asiatiques, la révérence à l’égard du passé est une coutume ancestrale qui est à ce jour toujours respectée et transmise de génération en génération. Ces coutumes ont encore plus d’importance dans les régions rurales dans lesquelles l’union des familles est renforcée par la présence des terres qu’elles possèdent spécialement au Vietnam qui est un pays majoritairement agricole. Le confucianisme, le bouddhisme et le taoïsme sont les principaux courants de pensée ayant influencé la création de ce que l’on appelle la philosophie Vietnamienne, le confucianisme constituant une part plus importante de cette philosophie. Selon cette dernière, la mort ne désigne pas l’annihilation de l’être humain, l’âme du défunt ère comme un exil. Certains rituels pourraient permettre d’absoudre les membres de la famille et résoudre certains de leur problèmes pendant cette période d’exil, leurs rôles est également de ramener l’esprit à l’autel familial afin de le vénérer.

 

— La Piété Filiale, reprit Confucius, est la racine de toutes les vertus et la première source de l’enseignement. 

Lao Tzeu 

 

La piété filiale est une responsabilité de haute importance dans les pays confucianistes, elle est une vertu fondée sur le respect de la hiérarchie familiale. C’est la raison pour laquelle, l’esprit ancestral est invoqué régulièrement dans un élan incitant au respect et à la préservation de la mémoire du passé. Ces pratiques sont essentiellement familiales et s’organisent généralement dans les maisons. Des photos des défunts, des fleurs, de l’encens voire de la nourriture seront alors installés dans un petit autel qui est considéré comme un rappel de la mort et sera placé dans la pièce centrale sur un meuble laqué, ou sur une simple table, comme offrandes accompagnées de prières. Dans le monde « invisible » Vietnamien, la séparation entre le monde des vivants et celui des morts n’existe pas. L’autel occupe donc une place importante puisqu’il sera toujours hanté par les ancêtres, revenant parmi les vivants à chaque cérémonie heureuse ou malheureuse. La pluralité et l’interférence des croyances expliquent la présence de différents symboles religieux comme la statuette du Bouddha, la croix chrétienne, … Bien que le paysage religieux vietnamien soit constitué de ces différents courants de pensées, ces pratiques de révérences ancestrales étaient pratiquées avant même que ces dernières fassent parties intégrantes des mœurs de la société vietnamienne. Ce reportage dépeint ces coutumes encore révérées aujourd’hui, un jour de réunion familiale, un match de foot à la télé, quelques coups d’œil à son smartphone, les hommes à tables et les femmes à une autre… Il m’aura également été possible d’aller passer une après-midi spéciale auprès d’une génération encore plus éloignée de la mienne, afin d’assister à un tournoi de jeu de carte chinois dans le calme et la sérénité, en compagnie de ces cinq femmes Vietnamiennes.

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